La décarbonation du transport lourd constitue l’un des principaux défis de la transition énergétique. En effet, selon les données du Ministère de la Transition écologique, « les poids lourds, y compris bus et cars, représentent 24 % des émissions du secteur des transports ». Si l’électrification et l’hydrogène occupent souvent le devant de la scène, les biocarburants s’imposent aujourd’hui comme une solution immédiatement disponible pour accélérer la décarbonation des poids lourds.
Compatibles avec de nombreux véhicules existants, ils permettent de diminuer l’empreinte carbone des flottes. Cette thématique rejoint les grands enjeux du salon Pollutec, rendez-vous incontournable des acteurs de l’environnement et de l’énergie. A cette occasion, les solutions de décarbonation du transport figurent parmi les innovations les plus suivies.
Qu’est-ce que le salon Pollutec ?
Créé en 1978, Pollutec est devenu le salon de référence en Europe pour les solutions environnementales et énergétiques. Organisé à Lyon Eurexpo, il rassemble les professionnels de l’industrie, des collectivités, de l’énergie, des transports et de l’environnement autour des innovations destinées à répondre aux grands défis écologiques.
En 2025, l’événement a accueilli plus de 50 000 participants professionnels, et près de 2 000 exposants. Il a été le théatre de plusieurs conférences consacrées à des sujets tels que la décarbonation, la bioéconomie, l’économie circulaire ou encore la souveraineté énergétique.
Le salon Pollutec constitue ainsi un lieu privilégié pour découvrir les dernières avancées en matière de biocarburants, de carburants renouvelables et de solutions de mobilité durable. La prochaine édition aura lieu du 12 au 15 octobre 2027.
Salon Pollutec : Quels sont les chiffres clés de la filière biocaburants en France ?
En attendant la prochaine édition de Pollutec, les réflexions autour des carburants alternatifs continuent de s’intensifier. Avant de découvrir les prochaines innovations qui feront l’actualité du salon, intéressons-nous à ces enjeux qui expliquent la place grandissante des biocarburants dans la transition énergétique du transport lourd.
La France développe toujours plus sa filière biocarburant. Aujourd’hui, ces carburants alternatifs représentent 41,7 TWh, soit 10 % de la consommation primaire d’énergies renouvelables en France. La consommation de biocarburants atteint environ 3,6 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) à l’heure actuelle. Elle devrait connaître un essor dans les années à venir. Les scénarios prospectifs de décarbonation du transport prévoient une hausse de la consommation française de biocarburants pouvant atteindre 7,7 à 10,5 Mtep d’ici 2050.
Le biodiesel constitue aujourd’hui le principal biocarburant utilisé dans le transport routier lourd. Il représente 73 % de la consommation de biocarburants. Produit à partir d’huiles végétales, notamment de colza cultivé sur le territoire français, on le retrouve incorporé à du diesel classique ou sous l’appelation de carburant B100, composé exclusivement de biodiesel. Il permet de réduire jusqu’à 60 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au diesel fossile, sans modification majeure des véhicules lourds compatibles.
Quels sont les enjeux liés aux biocarburants ?
Décarbonation des transports
Le premier enjeu des biocarburants est évidemment la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Contrairement à l’électrification, qui nécessite souvent des investissements importants en infrastructures et en renouvellement de flotte, les biocarburants peuvent être intégrés rapidement dans les véhicules existants. Par exemple, le B100 ne nécessite pas toujours de changement de moteur. Les véhicules neufs homologués B100 peuvent l’utiliser directement, tandis que certains poids lourds Euro 6 peuvent nécessiter un rétrofit ou une homologation spécifique du constructeur
Dans le secteur du transport routier, ils permettent ainsi de réduire significativement les émissions sans attendre le renouvellement complet du parc de véhicules.
Image et RSE
L’utilisation de biocarburants permet également de renforcer la politique RSE des entreprises en affichant des engagements tangibles en faveur de la transition énergétique. Au-delà des considérations environnementales, ils deviennent un levier de compétitivité. En effet, les entreprises et collectivités locales intègrent désormais de plus en plus de critères environnementaux dans leurs appels d’offres.
Souveraineté énergétique
Le développement des biocarburants répond également à un enjeu stratégique de souveraineté énergétique.
La France demeure dépendante des importations d’énergies fossiles à 99%. En valorisant des ressources locales comme le colza, les résidus agricoles ou les déchets organiques, les biocarburants contribuent à réduire cette dépendance tout en créant de la valeur sur le territoire national.
Comme le rappelle la Cour des Comptes cité dans un document du Sénat, ils constituent « un débouché supplémentaire pour les agriculteurs ». La filière génère des retombées économiques les territoires ruraux.